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Mohed Altrad, entrepreneur de l’année

Le prix de l’Entrepreneur de l’année, organisé par Ernst & Young et « L’Express », avec le soutien du groupe Edmond de Rothschild, Verlingue et Bpifrance, et dont « Les Echos » sont partenaires, a été remis hier à Paris à Mohed Altrad, président du groupe Altrad.

Des résultats annuels en forte progression, un chiffre d’affaires de 870 millions d’euros, en 2014, tout sourit à Mohed Altrad, président du groupe Altrad, à Montpellier, spécialisé dans les bétonnières, les brouettes et les échafaudages.

Cela n’a pas été toujours le cas. Né dans le désert syrien, cet homme, qui ne connaît pas son âge exact, débarque en France dans les années 1970 pour faire des études à la faculté de sciences de Montpellier. Des souvenirs toujours vivaces. Il y a un mois, lors de la remise du prix de l’Entrepreneur pour la région Méditerranée, il déclarait avec humour : « Il y a trente ans, je galérais pour avoir 200.000 francs auprès d’une banque. Imaginez-vous, un Arabe, venant du désert, ingénieur dans le pétrole puis dans l’informatique, qui reprenait une boîte d’échafaudages en faillite dans l’Hérault. Aujourd’hui, on me prête 150 millions d’euros sans problème. »

Une âme de déraciné

Atypique, ce patron aime à prendre la plume pour soigner son âme de déraciné. Après son autobiographie « Badawi » (bédouin), « L’Hypothèse de Dieu » et « La Promesse d’Annah », il prépare un quatrième opus centré sur l’identité – ce qu’on laisse paraître, et ce qu’on est. Mohed Altrad se rend aussi dans des établissements scolaires sensibles pour convaincre les jeunes des quartiers « qu’eux aussi peuvent réussir, à condition de travailler beaucoup. ça me prend parfois une journée entière, mais je vois ça comme un devoir ».

L’homme vit également une deuxième jeunesse avec le club de rugby de Montpellier. Depuis trois ans, Mohed Altrad découvre une PME de 70 salariés aux moeurs étranges : tout le monde se fait la bise, le verbe est haut en couleur, les collectivités sont omniprésentes et gagner de l’argent reste incertain. Passé la surprise, Mohed Altrad redevient le businessman inflexible pour faire de l’équipe l’une des quatre meilleures du Top 14. Le stade a été rebaptisé « Altrad Stadium », ce qui permet au groupe de verser au club une manne de plusieurs millions d’euros par an.

Source : lesechos.fr